Le Blog du Nom du Titre

La taverne Munchausen au festival Mythos à Rennes

le Nom du Titre est complice avec les Femmes à Barbe pour présenter "la Taverne Münchausen" du 9 au 12 avril à 22 H au festival Mythos à Rennes

Gwen Aduh de la compagnie des femmes à barbe, grand amateur de jeu, a réuni une équipe de comédiens qui aiment jouer avec les mots : Fred Tousch, Arnaud Aymard (Paco), Diane Bonnot, Jeanne Ferron, Stanislas Hilairet (alias jérôme Poulain), Pepito Matéo pour lancer l’aventure de "La Taverne de Münchausen". Le baron Münchausen était un mythomane notoire au 18ème siècle connu pour ses récits fantasques lors de soirées dans le grand monde. L’idée est donc de réunir autour d’une table des personnages capables de conter des exploits, à partir d’un thème tiré au hasard, sous l'oeil d'un ecclésiastique faisant office d’arbitre et de maître du jeu. Les autres mythomanes autour de la table sont là pour contrer ou enrichir son histoire. Chaque histoire est récompensée par des pièces d’or en plus de celles gagnées pendant chaque conte. Le gagnant est celui qui a le mieux captiver l’auditoire et récolté le plus de pièces de monnaie.

Avec en altenance Gwen Aduh, Arnaud Aymard, Diane Bonnot, Aurelie de Cazanove, Jeanne Ferron, Stanislas Hilairet, Pépito Matéo. Mise en scène: Gwen Aduh Costumes et perruques: Aurélie de Cazanove Un Spectacle des Femmes à barbe avec la complicité du Nom du titre

LA FOIRCE A NY

A l'occasion des fêtes préparatives de la thanksgivingday, Slide Bwain a tenu à présenter son pays à son ami Jean Claude Fischer. Ils se sont donc retrouvés à New York terre natale de Slide .

C'est vrai que pour Jean Claude, passionnés par l'élévation des bâtiments...New York est la capitale de tous les défis...

Il reste néanmoins impressionné par la démeusure de l'endroit
Cela faisait longtemps que Slide tenait à présenter son oncle Howard à Jean Claude. Howard travaille comme réparateur de pont a New York... et là apparemment il galère un peu avec un pont de Brooklyn

Déformation professionnelle oblige Jean-Claude évalue sans qu'on lui demande quoi que ce soit et en toute gratuité, l'ampleur du chantier
Générosité française oblige, et un peu à la manière de Lafayette, Jean Claude, propose à Howard de lui filer un bon vieux coup de main...Howard accepte ....AHHH....

Que la Foirce soit avec Luirce, ni une ni deux le pont est levé et Howard peu le réparer Thanks you DJOU CLOUDE" dit Howard.
Comme quoi la Foirce ça sert aussi a rapprocher les individus
credit photos : Philippe Dollo

Souvenir des présidentielles

Mes chers bébés canards,

Tata dolores viens vous conter le fabuleux mariage auquel elle a assisté en ce joli mois de Mai .

J'étais donc invitée comme chaque week end à un mariage, les jeunes couples implorant souvent ma bénédiction pour leur union, puis plus tard pour leur divorce...

Il se trouve qu'un de mes amis, figure notoire algérienne dont je tairais le nom, m'avait invitée à ces noces musulmanes, étant lui même le cousin de l'heureuse élue. C'est donc après un gala donné à Nancy dans un lieu ultra underground où je n'avais jamais vu autant de marginaux réunis à la fois, que mon fifils me conduisit jusqu'à Paris à bord de la belle auto que je lui ai offerte il y a 4 mois, et que je lui ai confisquée il y a 2 jours, qu'il me conduisit donc jusqu'aux noces de Nadia et Azzedine.

Quelle ne fut pas ma surprise en arrivant à l'adresse indiquée, de découvrir non pas une église mais un immense préfabriqué, sans doute martelé à la main dans un métal noble et argenté, qui lorsque je frappais à la porte résonna comme une cloche tibétaine. Deux cinquantenaires, bien plus viriles qu'Enrico Macias, me firent pénétrer dans cette véritable caverne flamboyante où je me faufilais entre les palmiers artificiels et les rubans dorés. On m'installa à une table pourpre en compagnie de mon vieil ami algérien et de sa mère qui prenait garde à toujours installer un plat, un sac à main, un enfant où elle même entre nous.

On me fit servir toutes sortes de mets et tout en les dégustant, j'observais ces hommes et ces femmes aux peaux mordorées danser comme des petits fennecs sous la lune. Bientôt je ne résistais plus à leur offrir une démonstration de danse orientale, danse que je maitrise depuis environ 26 années... Je dois vous avouer que les danseurs ont fuit un par un la piste devant une telle prestance, et lorsque j'ouvrais les yeux au bout d'une heure et demie de transe, la salle était totalement vide; seul était resté mon ami assis à une table et me jetant un oeil consterné où se mélangeait la ferveur et l'admiration. Nous rentrâmes au petit matin dans une Clio bleue remplie jusqu'au plafond de cadeaux, la mère de la mariée au volant, le cousin, mon ami et sa mère bien sûr, confortablement assise entre nous sur la banquette arrière en vrai sky. Je passais donc la nuit chez la mère de la mariée dans une chambre débordant de cadeaux, où mon ami vint me rejoindre pour une conversation nocturne une fois sa mère endormie.

Le lendemain fit place à une aube sereine et à la suite des festivités. Il est de coutume que les hommes laissent les femmes en toute intimité lors des derniers préparatifs, et une fois de plus on ne dérogea pas à la règle. Mon ami et son cousin partirent acheter des cigarettes pendant environ 2h15, tandis que sa tante et sa mère se démenaient pour m'intégrer dans leur famille....
La tradition voulait apparemment qu'on me fournisse un balai, une serpillère dernier cri et des gants roses et je m'affairais dans les pièces et recoins de la maison, étrangement surveillée par la mère de mon ami dont j'apercevais toujours le bout d'un nez ou d'un cil, derrière une porte.

Une fois mes tâches accomplies je fleurissais la grande maison toute carrelée, enfin prête à recevoir les invités.

Semoule, dattes fourrées aux amandes et à la main; harira et raisins secs, coriandre et robes scintillantes dans le salon réservé aux femmes; café et écran t.v, dans le salon réservé aux hommes.

Ces derniers suivaient avec grand intérêt le déroulement des élections présidentielles, tandis que côté femme on parlait nouvelle méthode d'épilation à l'éponge abrasive, couches auto régulatrices pour nourrisson, conversations que j'avais peine à suivre puisque la mère de mon amie me proposait à intervalles réguliers d'essayer l'un des nombreux costumes traditionnels en sa possession: djellabahs roses à broderies mauves, djellabahs noires à fleurs rouges, djellabahs satinées... habits dont je redoutais qu'ils ne me recouvrent le corps tout entier jusqu'à l'étouffement, alors que je portais une robe fourreau fushia et ostensiblement transparente, qui fis je pense très bon effet, en particulier au salon masculin.

L'atmosphère était détendue, jusqu'à ce que sonnent les vingts coups de 20h, je les ai comptés. C'est alors que j'entendis des cris provenant de la pièce des hommes, les femmes se levèrent aussitôt, telles de véritables guerrières, prêtes à combattre s'il le fallait, quelques assiettes de semoule volèrent même dans les airs au beau milieu de cette subite précipitation.
Nous entrâmes donc dans leur salon et les virent devant l'écran, où apparaissait l'image d'un homme, une sorte de nain au sourire d'anguille qui me rappela un personnage de mauvais feuilleton, mélange de J.R de Dallas et de ce faux derch de pharmacien dans Desperate Housewives.

En l'apercevant, les femmes qui lors de leurs profondes discussions avaient sans doute oublié que ce jour là se déroulaient les élections présidentielles, s'agitèrent elles aussi, se mirent à tournoyer dans la maison tout en poussant des cris qui me rappelèrent le chant du paon; seul le brave pitt bull de la maison ne semblait pas perturbé par les évènements.

Dès ce moment, les femmes cessèrent toute discussion, et commencèrent à préparer leurs valises, tandis que les hommes observaient la suite des festivités à la télévision, abattus par la joie du nouveau président, consternés par la prestation scénique de Mireille Mathieu, cette vieille taupe qui m'a volé ma coiffure, effrayés par le devenir qui s'offrait à eux : des chansons de Mireille, des sketchs de Bigard, des pubs de Johnny pour les prochaines 5 années...

J'ai vite compris que tout le monde n'était pas joyeux ce jour là en France et j'ai aussitôt pris mon petit avion qui m'a reconduit à Madrid où j'écris paisiblement ce matin, en buvant mon café.

Quant à mes amis du mariage, j'ai cru comprendre dans leur conversation qu'ils rentraient au "bled". Je n'ai malheureusement pas eu le temps, dans la panique de leur demander où cela se trouvait "le bled", mais mon unique sixième sens me dit que ce n'est pas loin de chez moi, entre le cœur et le ciel.

LE SOULEVEMENT DE LA BRETAGNE

Jean-Claude a Fisher a décidé de relever un sacré défi à l'occasion de la journée nationale des arts de la rue le 27 octobre dernier à Brest avec l'équipe du Fourneau. Il a en effet fait la promesse de "soulever la Bretagne" toute entière et de la caler avec coquilles d'huîtres en prenant bien soin de ne pas casser la pointe du Raz. Vu les risques encourus l'équipe du fourneau a préféré faire une demande d'autorisation en bonne et due forme auprès du préfet du finistère : cliquez ici pour voir la lettre qu'il a signé


17h10:Après une élévation classique de la mairie de Brest ainsi qu'un léger agrandissement de la rue de Siam pour s'échauffer, rendez-vous était donc donné au public à 17h10 plage du moulin blanc pour une dégustation des huîtres dont les coquilles serviront ensuite de cale.

17H22 :Jean-Claude Fisher est inquiet, il avouera même par la suite qu'à ce moment précis il ne fait pas le malin. Très habitué à relever de lourds défis, celui-ci est de taille..


17h25: le public entre dans l'eau et forme une chaine pour s'encourager.


Slide Bwain joue de la guitare électrique pour donner du coeur à l'ouvrage et Bashamati qu'on ne voit pas sur ces photos prend des mesures d'horizon pour évaluer la performance.

17H33:L'élévation commence tandis que le public resté sur la plage saute pour alléger la bretagne.

Grâce à une retransmission en direct sur la webradio "rue libre", de nombreuses personnes en Bretagne sont invitées à tout faire pour alléger la région et le reste de la France a se lester par tous les moyens possibles pour provoquer un effet bascule.

Voici un extrait du reportage radio :

17h36 : c'est un succès, l'euphorie est à son comble... Jean-Claude félicite chaleureusement le public pour son aide tandis que Bahasmati indique une différence d'environ dix centimètres sur le niveau de l'Horizon.

Maria nous revient de Nevers

Mon cher public,

Je rentre de Nevers où je n'attendais pas tant d'un public qui aux premiers abord me parut aussi dangereux qu'un chasseur en sursis. En effet, en arrivant dans cette ville, je remarquais très vite dans les ruelles médiévales, que la population elle même était restée médiévale ! Des ivrognes, des culs de jatte et des boiteux, des femmes battant leurs maris, des enfants monstrueux aux grands yeux de hibou et un grand nombre de mariages consanguins en ce jour miraculeux du 07/07/2007, chiffre qui assurera j'en suis sûre la continuité de l'engeance neveroise.

Pour mon plus grand bonheur, la petite ville organisait sa braderie de l'année; devant les boutiques aux devantures inchangées depuis 1982, on avait installé des bacs où se mélangeaient les modèles de l'été en promotion. Consultation nous a dégoté un ensemble en dentelles noires Chantal Thomas (que pour ma part je trouve un peu vulgaire) et Visitation une paire de souliers violets (sa couleur fétiche) joliment brodés à la main, qu'elle porta le soir même dans les loges; quant à moi, je ne pus m'empêcher d'acheter un adorable T-shirt jaune pissenlit à l'effigie de OUI-OUI, le héros de mon fils qui à l'âge de 30 ans a su garder son âme d'enfant !

Enfin je me suis aventurée voir quelques spectacles: tout d'abord 2 jeunes racailles jouaient leurs compositions entre des cannes à pêches et des autos de collection, le "soup sound system", nom qu'ils avaient donné à leur pitoyable duo, me permit de réaliser à quel point la jeunesse était en danger et semblait appeler à l'aide.
A la fin du concert, mon âme charitable n'a pu s'empêcher de leur laisser la carte d'un très bon foyer pour jeunes travailleurs en difficulté, tenu par un ami très cher, lui même ayant tourné la page après une carrière infructueuse, Phil Barney...

Mon chemin croisa également celui de Michel, un grand mandrin pas méchant pour un sou, le pauvre, mais en très mauvaise posture dans un parc sordide où la programmation avait dû l'expédier; et puis il y eut cette famille désastreuse du Jura, suintant la graisse de moteur et le joint de culasse à qui je fis un don de 500 francs, tant je fus offusquée qu'on puisse en arriver là, moi qui connus bien le grand père à sa belle époque, un chanteur exceptionnel, qui fit même les premières parties de cette grande folle de Trenet.

Enfin le soir venu je m'apprêtais à rejoindre mon public.

Autant dire que sous la toile de tente où eu lieu mon concert, on suait à grosses gouttes, surtout les techniciens, les pauvres, dont les boyaux refoulaient à intervalles réguliers la bière distillée dans leurs entrailles.

Avant d'entrer sur scène je répétais à mes Crucificados cette phrase si bien appropriée à ce genre d'endroits :" Pas de blaireaux qui nous mettent l'enfer !"

Dès les premières notes je sentis que j'avais là un public à tenir, un étalon noir, un gros mahakala courroucé, un cactus venimeux. Une véritable cour des miracles !

J'ai commencé par maitriser les quelques adolescents pré pubères affalés sur le sol et se léchant mutuellement, en les séparant à l'aide de mes talons et en leur rappelant qu'au lieu de trainer à un spectacle dont ils ne saisiraient pas la quintessence, ils feraient mieux de rentrer réviser chez leur parents afin de ne pas rater le bac une deuxième fois l'année prochaine !

Ensuite, j'ai évidemment eu affaire à quelques "écorchés vifs" comme les appelaient ce, ce chanteur là... aujourd'hui derrière les barreaux là...Bertrand Murat! c'est ça.
Vous savez que c'est ceux que je préfère, les malotrus aux rires gras que j'ai dû remettre en place à plusieurs reprises; sans parler du grand escogriffe barbu accoudé au bar qui m'a donné la sensation de me livrer un exercice de lecture comparative en face d'un Einstein atteint de la maladie d'Alzeihmer.

Quel merveilleux moment j'ai passé en votre compagnie cher public, j'étais comme une catcheuse en robe noire de chez Dior sur le ring de la vie...

Scandale a Villeurbanne

La Foirce sauvée de justesse

On a faillit frôler le pire lors de l'édition 2007 des invites de Villeurbanne.

Sans la sagacité et la vigilance de l'équipe de Jean-Claude Fisher (Bravo Bahasmati...) la sécurité des festivaliers et par la même la réputation du festival donc l'image des arts de la rue... et de la France dans le Monde, aurait pu être fort mise a mal.

Les Faits :

La municipalité par le biais de son premier adjoint au maire Raymond Terraché et de son Adjoint à la culture Bernard Sauvaud, via Patrice Papelard, programmateur et maitre d'oeuvre de l'événement, avait sollicité l'équipe de Jean Claude pour une élévation "classique" de la Mairie de Villeurbanne (69) pour 17 h le samedi 24 juin 2007.

Vers 13 h lors de sa traditionnelle visite de pré-préparation, Bahasmati constate et signale l'existence d'un nid de Jabberwock au sommet de l'édifice.
crédit : Loïc Charbonneau
En raison des règles en vigueur Jean Claude signale donc cette présence inopportune au responsable du festival M.Papelard , lui demandant soit de retirer le Nid soit de lui signer une décharge officielle afin "...d'être en règle tout simplement...".

Devant la nonchalance de ce dernier a prendre les dispositions nécessaires, Jean- Claude n'a pas d'autre solution que de menacer verbalement le directeur de l'événement d'annuler l'élévation de la mairie "tout simplement".

Vers 14h30 M.Papelard griffonne maladroitement une banale décharge a Jean Claude.

15 H ...C'en est trop l'équipe est bafouée décidemment le manque de respect de la communauté des foirceurs est évident. Décision est prise d'annuler tout simplement.

15 h 30 ...Devant la gravité des évènements le Maire intervient directement, pour enlever le nid..

15h45 ...refus catégorique de Burattini, propriétaire du domaine imaginaire dans lequel s'inscrit sa démarche artistique..

16 h ...Jean-Claude est furieux, on a vraiment affaire a une Gauche molle.

16h15 ...Le Maire a peut être une idée

16h20 ...en fait non !

16h25 ...crise

16h30 ...et Sauvaud où est il?

19h40 ...et si on réunissait le Conseil Municipal des enfants...

16h45 ...Le secrétariat de Mairie ouvre exceptionnellement


17 H : L'élévation peut avoir lieu :

Le théâtre sur l'herbe prend l'eau

Week-end chargé d'émotions pour nos philosophes, habitués à la quiétude des bibliothèques. A Saran près d'Orléans où ils étaient invités à débattre sur le problème de la déculturisation, ils ont dû tout d'abord faire usage d'une tronçonneuse pour accéder à leur tribune :
Stéphane Giblot confie l'objet à un enfant
Puis pour illustrer le problème de la surflétinisation (la théorie de hans Hunz du requin marteau face au banc de flétans), Roland Gerbier a présenté et mis en pratique une toute nouvelle discipline artistique : le PLOUF'ART
Après s'être séchés, ils rencontrent un producer qui leur propose de tourner un film. Les philosophes proposent un titre "Alea Jacta Est"...Affaire à suivre...

Maria s'épanche après Jemmapes

L'air était doux et amer à la fois lorsque je fis mon arrivée au pays de mes souvenirs; pays amputé depuis bien longtemps puisque mon dernier passage était il y a un an...

Un an sans voir le Quai Branly.

Un an sans une goutte d'or dans mon café.

Un an sans m'élancer sur les interminables tapis roulants de la station Châtelet.

Un an sans voir les seuls beatniks subsistant encore à cette ère et qui, chaque dimanche, s'essaient à la musique dans les derniers rayons de soleil du parc des buttes Chaumont...

Enfin, je retrouvais Paris, avec sa belle voix abîmée de femme endormie…

Dès mon entrée sur le périphérique, le 6 Mars au matin, à bord du coupé Jaguar conduit par mon vieil ami Julio, je sentis les doigts de cette ville princière se refermer sur moi, tel un petit singe fiévreux resserre ses doigts autour du cou de sa maman guenon.

Le petit crachin avait fondu sur le canal St Martin, et en arrivant, quelle ne fut pas ma surprise de voir toutes ces petites tentes plantées au bord de ce même canal, alignées sagement comme des bouteilles de lait, bigarrées et ornementées de symboles mystiques, semblant me saluer timidement.

J'ai vite compris que c'était VOUS, mes fidèles, mes trésors, mes fous, MON PUBLIC, qui vous étiez ainsi précipité par peur de manquer ma venue, par peur de ne pouvoir regarder le rideau se lever sur mon visage tremblant et entendre mon coeur battre le rythme de la première chanson ouvrant le récital.

Dans le coupé jaguar, mon corps s'est mis à ruisseler, à trembler.

Je vis le regard inquiet de Julio se refléter dans le rétroviseur; je me suis cramponnée aux sièges de cuir blanc de la Jaguar, puis à la nuque de Julio afin de ne pas pleurer. Ce dernier a failli perdre le contrôle du véhicule, mais j'ai instinctivement extrait mes ongles de son cou et repris le dessus sur la situation.

Cher public, c'est le rideau de ma vie que j'ai ouvert chaque soir dans cette salle du quai de Jemmapes, vous qui m'avez attendu, vous que j'aime au delà de tout...

Et je vais vous dire, Michel Polnareff, avec sa minable queue commençant à 5h du matin peut aller se rhabiller! Mon public à moi était là depuis une semaine, un mois dans ces tentes! Tu m'entends Michel ! Certains étaient encore là même le jour de mon départ !

Cher public... les hommes mentent fort bien mais vous ne m'avez jamais menti, et pour cela je vous aime !

J'écris ces pages en écoutant l'après midi d'un faune de Debussy, dommage que vous n'entendiez pas cela, vous seriez d'autant plus ému de ma déclaration !

Alors, merci au canal St Martin, merci à la l'espace Jemmapes et ses coulisses aux milles affiches de rêve, merci à vous mes petits faons,

mon public, mon amour...

Votre Maria Dolores

Le cabaret philosophique à l'Olympia

Le cabaret philosophique était dans la salle de Billard de l'Olympia du 16 a 22 février...Ancienne garçonnière et salle de Billard d'Edouard VII, nos philosophes l'on rebaptisée salle de bain de la pensée pour l'occasion.

Avant toute chose, un hommage à Piaf et Hugues Auffray pour s'imprégner de l'âme des lieux...

Chaque soir un accueil exceptionnel est assuré par Edwige de la Feuillade...

A la fin de la semaine, des débats qui affichent complets ! Les parisiens ont bien compris que réfléchir est un devoir et qu'il appartient à chacun de poser sa petite pierre pour sauver ce qu'il reste à sauver..Affaire à suivre

Maria vous écrit

Mes chers poussins,

Voici la nouvelle année venue et l'envie sincère me prend de vous souhaiter que s'accomplissent vos rêves les plus fous... L'hiver est là, à nos portes, comme une vieille dame qui demanderait pardon, comme un chat miaulant au coeur de la nuit, comme un hymne aux murènes humides des océans.

Vous savez que je n'ai guère d'affection pour cette saison inerte et blanche où les dimanches s'éternisent au son d'un vieil orgue de barbarie désaccordé; cependant, il faut bien trouver une raison de vivre en hiver et j'ai trouvé une raison: l'altruisme. J'ai donc commençé par le plus évident: les bêtes.

C'est donc plus de 78 animaux malheureux que j'ai déjà accueillis dans mes diverses résidences (équipées de spas, t.v.,internet..). Chats, poneys, et faisans coulent désormais des jours heureux !

Ensuite, je me suis attaquée aux vieux, oui, ces "vieux débris" comme les surnomment trop souvent les jeunes d'aujourd'hui. Après avoir dégoté dans un bazar turc un beau costume de père Noël, j'ai lançé l'opération "c'est Noël tout les jours!" Je fais ainsi chaque jour le bonheur de diverses maisons de retraites en organisant des apparitions surprises vêtue de mon joli costume, lors des repas, de la toilette, ou d'une simple partie de cartes. Je ne suis pas peu fière d'avouer que quelques unes de ces apparitions ont déjà envoyé quelques retraités au paradis et être la cause d'une belle mort, quel cadeau inoubliable !

Enfin, j'ai voulu me confronter à un problème d'ampleur internationale, le cas d’adolescents, ces anges martyrs, ces mendiants déchus, un morceau de gruyère entre les dents, eux qui au lieu d'incarner l'avenir resplendissant de notre civilisation, se traînent comme des pigeons, vêtus d'habits de clowns, parlant une langue pauvre et incompréhensible.

Mon public est habitué à mes concerts où il m'arrive de sélectionner quelques uns de ces enfants qui perturbent le spectacle afin de les emmener dans l'un de mes centres "Maria Dolores".

Et bien nous avons fêter ce Noël l'ouverture du 152ème centre, des centres qui fleurissent un peu partout chez moi en Argentine mais aussi en forêt Amazonienne, ou sur les belles crêtes de la cordillère des Andes... Je peux vous affirmer qu'à 7000m d'altitude ces jeunes prébubères raisonnent différement !
Des centres où ils apprennent à partager, à réfléchir avant de dire une connerie, et à se servir de leurs longs membres qui pendent bêtement à leurs flancs à longueur de journée: tricoter, écrire, danser une ronde mais surtout lire la musique et chanter, m'offrant ainsi de nouvelles recrues pour les années de scène à venir...

Et voilà mes amis comment combler ce foutu hiver en évitant toutes formes de déprime ou d'ennui. En attendant que le printemps reprenne ses esprits, je conseille à chacun d'en faire autant; j'en parlais encore hier avec le responsable de Don Quichotte, le malheur des autres permet au moins de donner à ceux qui n'en ont pas, un but dans la vie!

C'est bien fait la nature tout de même...


* Maria Dolores